Culture

Des hommes de l’art s’épanouissent, doucement, mais sûrement.

Salah Chakor. www.salahchakor.com

C’est à Kellaa des M’goun, à Azlag tout précisément, là où des hommes de l’artisanat travaillent dans l’ombre, des objets d’art de valeur fleurissent chaque année. Des jeunes artisans remontent à la surface, après tant d’années de travail en silence.

Ces jeunes talents de qualité méritent bien qu’on s’occupe d’eux et de les encourager, car ils présentent un trésor de savoir faire. Ces  mines de compétences qui honorent la région en particulier et le pays en général, sont des fabricants d’objets  de valeur en argent : joaillerie, bijouterie, poignards ……etc.

Un artisan de talent, Ahmed Oukham, un jeune Maalam chevronné, met à chaque fois sur la planche des inventions sui valorisantes  en bijoux divers que, malheureusement,  beaucoup de gens méconnaissent. Ce jeune de M’goun a, à maintes reprises, émerveillé les touristes qui ont emporté, avec fierté et en guise de souvenirs ces articles. Ces clients lui sont devenus fidèles et conseillent ces œuvres à leurs amis.

Fabriquant de poignards et gréviste sur des pièces en argent, Ahmed est l’un des artisans, à Azlag, dont la renommée a déjà franchi les frontières. La visite de son atelier par les visiteurs cosmopolites est devenue chose incontournable. Nul ne peut arriver à Kalaa des M’goun sans aller lui rendre visite et même lui demander la confection d’un objet ou bijoux avec le nom gravé. Azlag est, grâce à son excellent savoir faire, un point de rencontre des amoureux de ces petites pièces artistiques et artisanales d’une authenticité extraordinaire, et qui témoignent d’une aussi riche culture Amazigh du Moyen et du Haut Atlas.

Ahmed donne rendez vous, à tous ceux qui cherchent une authenticité artistique, dans ses ateliers, où les poignards sont confectionnés avec goût et  avec un doigté exceptionnel. Il vous invite à lui rendre visite à Azlag, ville de Kalaa des M’goun, dans son atelier, où un étalage de sa production est fait avec finesse. Ahmed représente donc une source de savoir original, et une culture réelle de la région qui mérite d’être visitée.

Visitez le donc à Azlag ou contacter le par téléphone au numéro : +212(0)63595776.

LES TROUPES FOLKLORIQUES DU SUD CONSTITUENT UNE MOSAIQUE DE CULTURES  BERBERES.

 Par Salah Chakor, Ecrivain et consultant du tourisme.

Le Maroc, terre de rencontres, situé à la croisée de l’Europe et de l’Afrique renferme un patrimoine culturel et artistique de grande valeur. Ce patrimoine s’illustre par une variété d’arts et de folklore de renommée internationale, concentré surtout dans le Moyen et le Haut Atlas, et dans les régions du Sud, notamment à Ouarzazate, province reconnue comme étant une réserve  des cultures et des arts authentiques et ancestrales.

Cette ville du cinéma est le haut lieu de ces savoirs, en artisanat (tapis, poterie, bijouterie, Jellej, bijouterie,…) et de folklore. Les troupes folkloriques de cette région, si riches et variées, constituent la plaque tournant du festival national, car il ne peut avoir de présentations artistiques officielles sans y faire participer les troupes de la ville de mille Casbahs.

Les  troupes folkloriques de la province sont nombreuses et méritent une réorganisation et une attention particulière pour leur assurer une continuité et la sauvegarde du volet culturel et civilisationnel qu’elles représentent et qui fait notre fierté.

Les principales troupes de cette zone et qui sont plus représentatives sont :

I/ Ahwach Ouarzazate : originaire du village de Taourirt (Ouarzazate), cette troupe est connue par son  nombre important de femmes et d’hommes. Cette danse est chantée collectivement avec rituel. Elle peut faire participer tout le village, tout le monde se réunit autour du RIAS ou chef de troupe, les hommes et les femmes lancent d’une voix étranglée une espèce de plainte, < le tazazert > le cercle des femmes qui entourent les hommes reprendra alors tous les refrains proposés.

Les hommes sont accroupis au centre du cercle autour du tambour géant, symbole du ciel, la plupart jouent du Bandir ou du Tbal.

II/ AHWACH SIDI DAOUD et AHWACH TIFOULTOUT.

Ces chants se jouent de la même façon que celui de Taourirt à une différence du nombre des participants, qui sont  moins nombreux

Les instruments de musique utilisés :

  • Bendir : Tamtam
  • Tbel    : Tambour.

     III/ Ahidous Kellaa M’Gouna :

       Originaire de la vallée des roses à EL KALAA M’GOUNA, cette troupe est composée d’hommes et de femmes, sa dynamique et sa cadence lui ont alu une renommée internationale.

       Sa  dynamique fait penser souvent aux abeilles autour de la rose surtout que les costumes et les couleurs attirent par leur originalité. D’ailleurs, cette danse est réputée « danse de l’abeille ».

   Instruments de musique utilisés :

  • Bendir : Tamtam.

IV/ DEKKAT SIF :

Originaire de la palmeraie de Draa, cette troupe est composée d’homme et de femme. A travers l’histoire, ces tribus sont connues par la bravoure, le courage. La danse du sabre symbolise l’esprit guerrier.

Les chants et les danses sont imprégnés de mysticisme et de mélodies, sur un rythme de tbal et du son de flûte.

Instruments de musique utilisés :

  • Bendir : tamtam.
  • Sif      : Sabre
  • Mizmar : Flûte.

V/ GUEDRA :

Cette danse mystique et profonde révéle le désert dans son immensité.

Originaire de M’HAMID, cette troupe annonce la poésie et tout le rituel qui accompagne les caravanes dans le désert.

Instruments de musique utilisés :

  • Tbel : Tambour.

VI/ Troupe Ghita :

C’est une sorte de clairon berbère. Cette troupe anime les festivités locales, telles que les mariages, les fiançailles…..que célèbrent les tribus après les moissons et à la fin des récoltes. Provenant de la vallée du Todgha, au milieu des palmiers luxuriants où le son de cet instrument résonne dans l’immensité des aires et des montagnes avoisinantes.

Instruments de musique utilisés :

  • Ghita : Clairon.

VII/ ROKBA :

Cette troupe est originaire de Zagora. Elle est composée d’hommes et de femmes, elle dénote toute la dynamique des chants et des mélodies dans les villages après les moissons et les événements locaux, son chef enflamme les foules. Le rythme et la cadence sont maîtrisés à travers un mouvement collectif utilisant les mouvements de jambes dans le nom de la troupe Rokba (EAD= genoux).

Instruments de musique utilisés :   Tbel : Tambour.

VIII/ GNAOUA :

C’est une troupe qui est originaire de Guinée. Cette musique profondément africaine dénote le mysticisme et l’enracinement des mythes de ces hommes. Leurs habits reflètent le brassage entre l’Afrique Nord  et l’Afrique du Sud. Ce style connaît un grand engouement grâce aux multiples utilisations et inspiration qu’il présente pour les multiples musiques contemporaines (Jazz, Blues….).

Instruments de musique utilisés :

  • Tbel : tambour
  • Karaouch (Krakb) : Claquette.

IX/ AHWACH DE TEOUET :

Au cœur des montagnes de Tichka, l’Ahwach de Telouet, berceau de la tribu Glaoua, est chanté en groupe , hommes et femmes , atour d’un chef qui fait résonner son Tambour.

Cette troupe chante avec magie les couleurs et les cimes des montagnes d’où elle provient, avec un  entrain et un écho inégalé.

Instruments de musique utilisés :

  • Tbel : Tambour
  • Bendir : Tamtam.

X/ AHWACH DE TIQUIRT :

Originaire du village de Tiquirt, de la vallée de OUNILLA, cette troupe relate le passé glorieux de cette route du sel entre Telouet et Ait Ben Haddou.

Chantée collectivement, cette danse mixte tantôt en cercle tantôt en filigrane, nous permet de vivre avec profondeur les mélodies des chants berbères.

Instruments de musique utilisés : Tbel : Tambour.

Conclusion :

Ces troupes retracent clairement et avec fierté un passé florissant de cette belle région du Royaume. C’est, à coup sûr, le symbole de la richesse et de la variété de notre culture tribale, et qu’il faut conserver, car c’est le garant de notre authenticité. Cette culture mérite d’être répertoriée et organisée avec beaucoup d’attention, sinon, nos enfants  risqueront, un jour, de se poser la question : qui sommes  nous ? Et donc essayons de leur conserver ce patrimoine.

La lecture est le moyen efficace pour voyager dans le monde de la connaissance.

Salah Chakor.

De nos jours on constate que les gens ne s’intéressent nullement à la lecture. La bibliographie s’est transformée à l’indifférence et le livre est négligé, abandonné. A l’époque de Pascal, Zola, Taha Houssine, Abou El Kassem, Chateaubriand, J.J. Rousseau, voltaire, G. de Mon passant, Balzac, Hugo…, le livre était vénéré. Même durant le passé le plus proche de J .Sartre, André Malraux, Albert Camus, le livre était l’ami de l’homme. Aujourd’hui certains le considèrent comme un objet incombant, ennuyeux et sans valeur ; ou encore le prennent comme objet de décoration dans une vitrine sans jamais le lire. D’autres encore estiment que l’ère de la lecture est révolue. On ne voit plus les gens absorbés par la lecture dans des parcs et les lieux publics. Rares sont ceux qui consultent et compulsent des quotidiens, revues, magazines et ouvrages. Une nation bibliophile est une nation prospère et civilisée.

Mieux vaut apprendre  qu’ignorer. Lire c’est  apprendre, c’est enrichir ses connaissances, son style, son vocabulaire et son orthographe. Les ouvrages nous guident vers la lumière qui est l’instruction. Les quotidiens, journaux, revues et magazines nous aiguillent et nous orientent à suivre le courant actuel des événements universels et à  acquérir un langage intellectuel suffisant et à garantir l’aptitude de la communication avec toutes les sociétés de cette actuelle civilisation qui ne tolère guère l’ignorance. Consacrez au moins une heure, quotidiennement, pour la lecture et vous allez découvrir un phénomène bienfaiteur naissant au fond de vous même qui réclame au fur et à mesure davantage de lecture. Les romans nous apprennent une multitude d’us et coutumes d’autres pays. La lecture est un voyage vers des cieux lumineux. Elle se pratique partout, à n’importe quel moment et par n’importe quelle personne pas comme d’autres activités tel le sport qui exige l’aptitude physique…La lecture c’est la lumière qui exige la lumière.

Si la lecture est bienfaitrice pour l’humanité elle est aussi nuisible et dévastatrice si le choix du lecteur s’oriente vers la mauvaise lecture. Il faut savoir choisir le genre de livre à lire, car malheureusement il existe maintes lectures nuisibles telle la littérature criminelle, délinquante, porno et xénophobe telle celle de certains auteurs de tendance anti-musulman qui défigurent la réalité.

Les parents doivent, à ce niveau, surveiller la lecture de leurs enfants, pour éviter des tendances malsaines qui risquent de déranger la bonne marche des sociétés. La lecture doit être le moyen efficace pour apprendre à accepter la différence et comprendre l’autre et à accepter sa culture et sa conviction, sans rancune.

En résumé, la lecture est un exercice efficace pour apprendre à écrire, à prendre la parole, à réfléchir et à tenir une conversation. Tous les écrivains, en général, sont de bons lecteurs, car on dit que pour écrire un livre il faut en avoir lu quelques dizaines. L’incitation des jeunes à la  lecture est donc nécessaire. C’est une gymnastique qui s’impose pour le développement de la mémoire et la culture et du bon raisonnement.